
Financement du bilan de compétences en 2026 : qui prend en charge quoi ?
Un bilan de compétences coûte entre 1 200 € et 3 200 € selon le centre et la formule. Quasiment personne ne le paye intégralement de sa poche : sept dispositifs publics ou paritaires peuvent prendre en charge tout ou partie du coût, selon ton statut. Voici lequel mobiliser, à quelle condition, et dans quel ordre. Sources : Code du travail (art. L.6313-4, R.6313-4 à R.6313-8), service-public.gouv.fr et France Travail.
Sommaire
- Le CPF : le réflexe par défaut
- Tu es salarié·e : 3 leviers en plus du CPF
- Tu es demandeur·euse d'emploi : AIF France Travail
- Tu es indépendant·e : ton fonds d'assurance formation
- Tu es fonctionnaire : CPF et plan ministériel
- L'autofinancement : combien et déductible ?
- Récapitulatif : quel dispositif pour quel profil
Le CPF : le réflexe par défaut
Le **Compte Personnel de Formation** est mobilisable par tous les actifs (salariés, indépendants, demandeurs d'emploi, fonctionnaires) et finance les bilans réalisés par des organismes certifiés **Qualiopi** sur l'action « Bilan de compétences » ([art. L.6313-4 du Code du travail](https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l6313-4)).Quatre règles à connaître depuis la réforme de février 2026 :
- Plafond : jusqu'à 1 600 € pris en charge sur Mon Compte Formation pour un bilan, même si ton solde est supérieur (décret n° 2026-127 du 24 février 2026).
- Participation forfaitaire : 150 € restent à ta charge à chaque mobilisation, sauf si ton employeur, ton OPCO ou France Travail abonde ton compte (et sauf situations particulières comme le Compte Professionnel de Prévention).
- Carence : tu ne peux pas mobiliser ton CPF si tu as déjà bénéficié d'un bilan financé sur fonds publics ou paritaires (CPF, OPCO, France Travail, Région, FAF) au cours des 5 dernières années (décret n° 2026-126, art. D.6323-6 du Code du travail). Un bilan autofinancé ou pris en charge exclusivement par l'employeur n'entre pas dans cette carence.
- Durée minimum : 13 heures d'accompagnement effectif par un prestataire pour un financement public (décret n° 2026-126, art. R.6313-4 modifié).
Les démarches passent par moncompteformation.gouv.fr : tu choisis ton centre, tu valides le devis, ton CPF débite directement le coût hors participation forfaitaire.
Pour les détails opérationnels (calcul du reste à charge, abondements possibles, refus de l'employeur), le guide CPF et bilan de compétences creuse le sujet.
Tu es salarié·e : 3 leviers en plus du CPF
### Le plan de développement des compétencesTon employeur peut intégrer un bilan de compétences à son plan de développement des compétences (PDC), à son initiative. C'est l'option la plus simple : la rémunération est maintenue, et le coût est porté par l'entreprise (ou son OPCO pour les structures de moins de 50 salariés).
Conditions : le bilan se déroule sur le temps de travail, avec ton accord écrit. Tu ne peux pas être obligé·e par ton employeur — l'accord écrit te protège, et le résultat reste confidentiel (l'employeur n'a accès qu'au document de synthèse si tu décides de le partager).
Le congé de bilan de compétences (à ta demande)
Si tu veux faire un bilan à ton initiative, tu peux demander un congé bilan de compétences à ton employeur. Conditions (source : France Travail) :
- CDI : 5 ans d'activité salariée, dont 12 mois dans l'entreprise actuelle.
- CDD : 24 mois d'activité salariée sur les 5 dernières années, dont 4 mois sur les 12 derniers.
- Intérimaires : 5 ans (6 084 heures) dont 1 600 heures sur les 18 derniers mois dans l'entreprise visée.
Tu dois adresser ta demande au moins 60 jours avant la date du premier entretien. Ton employeur dispose de 30 jours pour t'accorder ou reporter le congé (report dans la limite de 6 mois).
Le rôle des OPCO
Les 11 opérateurs de compétences (OPCO) ne sont pas un guichet direct pour les salariés. Ils financent les actions du plan de développement des compétences des entreprises de leur branche, principalement pour les structures de moins de 50 salariés (travail-emploi.gouv.fr).
Concrètement : c'est ton employeur qui sollicite l'OPCO, pas toi directement. Les principaux OPCO :
- AFDAS (culture, médias, sport, tourisme, divertissement)
- AKTO (services à forte intensité de main-d'œuvre : sécurité, propreté, restauration)
- Atlas (assurance, banque, conseil)
- OCAPIAT (agroalimentaire, agriculture, pêche)
- Constructys (BTP)
- OPCO 2i (interindustriel)
- OPCO Mobilités (auto, transport, logistique)
- OPCO Santé, OPCO EP (entreprises de proximité), OPCO Commerce, Uniformation (cohésion sociale)
Tu es demandeur·euse d'emploi : AIF France Travail
Si tu es inscrit·e à France Travail (indemnisé·e ou non), tu peux mobiliser deux dispositifs cumulables :Le CPF, comme tout actif — sans qu'il faille être en poste.
L'AIF (Aide Individuelle à la Formation), qui couvre le reste à charge ou la totalité du bilan si ton CPF ne suffit pas (source : francetravail.fr). Plafonds 2026 :
- 8 000 € pour les demandeurs d'emploi classiques.
- 5 000 € pour les bénéficiaires d'un Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP), d'un Contrat de Reclassement Professionnel (CRP) ou d'un Contrat de Transition Professionnelle (CTP).
Conditions :
- La formation (ou le bilan) doit s'inscrire dans ton Projet Personnalisé d'Accès à l'Emploi (PPAE) et être validée par ton conseiller·ère France Travail.
- L'organisme doit être certifié Qualiopi.
- Aucun autre financeur (Conseil régional, OPCO) ne doit pouvoir couvrir le coût à titre principal — l'AIF intervient en dernier recours.
Démarche : tu demandes un devis à l'organisme, qui le dépose sur ton espace France Travail. Décision sous 10 jours ouvrés.
Important : suivre un bilan de compétences sous AIF n'ouvre pas droit à la Rémunération de Formation France Travail (RFFT). Si tu veux conserver ton allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) pendant le bilan, vérifie avec ton conseiller que tes obligations de recherche d'emploi restent compatibles avec les séances.
Tu es indépendant·e : ton fonds d'assurance formation
Les indépendants cotisent à un **fonds d'assurance formation (FAF)** spécifique à leur secteur. Ces fonds couvrent souvent le bilan de compétences en complément ou en remplacement du CPF :- FIF-PL pour les professions libérales (médecins, avocats, kinés, architectes, etc.).
- AGEFICE pour les chefs d'entreprise du commerce, de l'industrie et des services.
- FAFCEA pour les artisans.
- VIVEA pour les chefs d'exploitation agricole.
Chaque FAF a ses propres règles et plafonds annuels (généralement entre 800 € et 1 800 € selon le fonds et l'ancienneté). La demande passe par leur portail dédié, indépendamment de Mon Compte Formation.
À noter : tu cotises de droit à ton FAF via ta CFP (Contribution à la Formation Professionnelle) prélevée par l'URSSAF — autant l'utiliser.
Tu es fonctionnaire : CPF et plan ministériel
Les agents publics (titulaires et contractuels) bénéficient du **CPF dans la fonction publique** depuis 2017, avec des modalités proches du privé mais une gestion par ton administration plutôt que par Mon Compte Formation.Tu peux aussi être inclus·e dans le plan de formation de ton ministère ou collectivité, à la demande de ta hiérarchie ou via le service RH. C'est souvent la voie la plus rapide.
Renseigne-toi auprès de ton service RH ou de ton délégué·e à la formation : les règles varient entre fonction publique d'État, hospitalière et territoriale.
L'autofinancement : combien et déductible ?
Si aucun dispositif ne couvre ton bilan (ou si tu veux aller vite), l'autofinancement reste possible. Le coût direct varie de **1 200 € à 3 200 €** selon le centre et la formule choisie ([détails dans le guide prix](/guides/prix-bilan-de-competences)).Deux points pratiques :
- Les organismes Qualiopi sont exonérés de TVA sur la formation professionnelle continue. Le prix affiché est donc net.
- Si tu es travailleur·euse indépendant·e, ton bilan peut être passé en charge déductible de ton bénéfice imposable (catégorie « Formation du dirigeant »).
Récapitulatif : quel dispositif pour quel profil
| Ton statut | Dispositifs mobilisables | Plafond cumulé | Reste à charge typique | |---|---|---|---| | Salarié·e privé, à mon initiative | CPF + congé bilan (employeur) | 1 600 € + temps de travail | 150 € (participation forfaitaire) | | Salarié·e privé, à l'initiative employeur | Plan de développement des compétences (PDC) + OPCO | Coût intégral pris en charge | 0 € | | Demandeur·euse d'emploi | CPF + AIF France Travail | 1 600 € + 8 000 € | 0 € si projet validé | | Indépendant·e profession libérale | CPF + FIF-PL | 1 600 € + 800 à 1 800 € | 0 à 150 € | | Indépendant·e commerçant·e, artisan | CPF + AGEFICE / FAFCEA | 1 600 € + plafond FAF | 0 à 150 € | | Fonctionnaire | CPF fonction publique + plan ministériel | Variable selon administration | Souvent 0 € | | Aucun de ces cas / je veux aller vite | Autofinancement | — | 1 200 à 3 200 € |Pour comparer des centres certifiés Qualiopi en présentiel ou à distance, tu peux explorer l'annuaire des bilans de compétences — tous les financements y sont signalés sur chaque fiche.

